« Je crois que nous perdons de l’altitude », dit le copilote au commandant de bord, tandis qu’un mouton s’accroche désespérément au cockpit.

 

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Depuis quelques années, le dessin d’humour en France semblait connaître un destin assez semblable à celui de la minijupe en Iran : une brève envolée suivie d’une certaine raréfaction. C’est simple, ils n’étaient plus que quatre à nous faire rire : Sempé, Sempé, Sempé et Voutch. Ils seront désormais cinq, avec Olivier Tallec dans le rôle du pouce opposable. Illustre illustrateur jeunesse, ce dernier, c’est confirmé, se sent pousser le boyau de la rigolade pour les grands et, après nous avoir souhaité une Bonne journée en 2014, nous invite à poursuivre au moyen d’une nouvelle quarantaine de tableautins désopilants, composés selon les meilleures recettes anglo-saxonnes d’un art du décalage auquel le défunt Almanach Vermot ne nous avait guère habitués. En effet, l’humour d’Olivier Tallec a peu de choses à voir avec les histoires de pin-up et de pruneaux, et bien plus avec la joyeuse bande du New Yorker ou le toujours regretté Gary Larson : on y croise d’ailleurs un certain nombre de vaches et de girafes, animaux en eux-mêmes assez drôles et qui ne perdent rien à se retrouver croqués en couleurs vives par un dessinateur aussi rare. Rare dans tous les sens du terme, d’ailleurs : 2014 est déjà loin – pensez, c’était avant Charlie, avant le 13 novembre : on a failli attendre, donc, mais on en redemandera désormais, du moins tant qu’on aura le cœur à rire.

Yann Fastier