Ancien boxeur devenu journaliste sportif, Billy suit l’entraînement de Ricky Mallon,

 

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jeune espoir écossais concourant pour le titre de champion du monde des poids légers, avec le projet d’en tirer un livre. C’est surtout un excellent prétexte pour s’éloigner de Glasgow et de Karen, rattrapée par une effrayante schizophrénie. Pour prendre du recul, aussi, au moment où l’amour emprunte les traits de Kerry, une jeune voisine anglaise.

Écrit avec toute la franchise apparente d’un bon direct du droit, ce roman sera donc bien pourtant celui de l’entre-deux : entre deux combats, entre deux femmes, entre deux villes, Edimbourg et Glasgow, aussi dissemblables qu’indubitablement écossaises. Émaillé de ces formules lapidaires qui font le bonheur du citateur (« Je savais que Liz était dingue de lui. Elle aurait pu se servir de sa merde comme dentifrice » ; « Les femmes qui se font la bise me font toujours penser aux boxeurs qui se touchent les gants avant le combat »), il ne s’en montre pas moins à l’usage d’une grande finesse dans le portrait d’êtres plus cabossés par la vie que par les uppercuts et, surtout, d’une douceur étonnante. Billy qui, en tant que boxeur, a de beaux restes, n’a vraiment rien d’une brute, même si les aléas d’une party l’amènent à châtier durement les hooligans qui s’y sont incrustés. C’est un homme, avec ses peurs et qui, se sachant capable de blesser celles qu’il aime, hésite en un combat bien plus dur que tous ceux qu’il a connus, saisi dans l’instant d’apesanteur qui précède le premier coup.

Écossais, lui-même ancien boxeur (et, accessoirement, maître zen), Barry Graham sait de quoi il parle et il en parle assez bien pour accrocher le lecteur le plus rétif au noble art. Assez bien, en tout cas, pour ne pas s’y cantonner et, d’un roman sportif et réaliste au « délicieux fumet de bière, de vieux cuir, de vaseline et de macération d’aisselles », faire avant tout un bien beau round d’humanité réelle.

Yann Fastier